Ni « surdoué » ni « déficient »

Et si personne n’était « surdoué » ni déficient ?

Tout le monde a pu faire cette expérience qui est celle de se sentir tout à coup à la hauteur d’une situation complexe, à la faveur d’une intelligence qui se révèle limpide. Et il arrive aussi de nous sentir soudain pris de stupeur, inaptes à comprendre, incapables d’une décision, bref complètement idiots. Ces aventures et mésaventures peuvent se produire chez des personnes réputées plus ou moins « intelligentes » et permettent d’avancer l’idée qu’il n’est pas d’intelligence supérieure ou inférieure, mais qu’il peut exister des circonstances plus ou moins propices à son fonctionnement.

Nous assumons le postulat de Jacques Rancières selon qui « nous avons tous la même intelligence », même s’il nous arrive de défaillir, ou, au contraire, d’éprouver quelques fulgurances. La « précocité intellectuelle » ou le « haut-potentiel », de même que la déficience ou les troubles, pourraient être réexaminés sous l’angle d’un ensemble d’expériences — plus ou moins heureuses, voire euphoriques, ou, au contraire, douloureuses ou sidérantes — qui n’épargnent personne.

Partons, pour cela, d’une approche de l’intelligence humaine sur les bases les plus classiques. Puis examinons ensuite les avatars de cette intelligence au fil des interactions familiales, scolaires et sociales.

Notre but est de comprendre comment récupérer un exercice satisfaisant de nos capacités mentales lorsque nous les sentons défaillir et surtout, dans le cadre thérapeutique, de mettre des patients sur la voie d’un fonctionnement mental propice au dépassement des souffrances alléguées.

Les bases : les sens et la pensée

L’intelligence humaine fonctionne schématiquement sur deux pivots que sont l’éprouvé sensoriel et le raisonnement[1]. Nous passons notre vie à voir, sentir, entendre, puis à évaluer et articuler ces données sensorielles, pour ensuite les anticiper à l’aune de notre pensée.

Il n’y a pas d’âge pour cela. Que l’on soit nouveau-né, savant, sénile, dément, etc. notre esprit crée et recrée incessamment la réalité au fil de l’expérience et des associations d’idées. On pense ici aux « théories sexuelles infantiles » dans lesquelles Freud voyait, chez le jeune enfant, les prémisses d’une intelligence scientifique : pour répondre aux questions cruciales de l’origine, l’enfant observe, pose des problèmes et invente des solutions qu’il remet à l’épreuve de la réalité. Le génie de Freud consista à se départir de la condescendance à l’égard des produits de cette pensée infantile. Dans un autre registre, la psychologie génétique, avec le Genevois Jean Piaget et ses successeurs, se penchera sur la construction progressive des cadres logiques et spatio-temporels de la pensée enfantine.

Mais si l’activité mentale d’un enfant suit sa propre voie d’évolution, elle est en interaction avec la parole des personnes qui l’entourent, notamment les adultes.

Il peut en résulter une confrontation entre les résultats de sa propre pensée et celle qui lui est communiquée par l’adulte.

Le choc des intelligences

L’enfant éprouve du bonheur quand cette parole des adultes vient en appui ou en complémentarité de sa perception du monde et sa pensée. Mais il lui arrive de se heurter à des contradictions : ce qu’on lui dit ne correspond pas à ce qu’il voit, entend ou comprend. Par exemple, pourquoi me dit-on que « papi est au ciel, et il est heureux » alors tout le monde a les yeux baissés sur sa tombe, et pleure ?

Face à ces contradictions, l’enfant dispose de quatre solutions : 1° le dialogue, 2° la protestation, 3° la soumission, 4° la révolte.

Première solution : le dialogue

Certains enfants ont de la chance. Ils ont affaire à des adultes qui écoutent leurs objections, les intègrent et y répondent. Par exemple : « Nous pleurons, les yeux rivés au sol, parce que le corps de papi gît sous terre inanimé, et nous ne le reverrons plus jamais. En même temps, certains d’entre nous — ni plus malins, ni plus sots — croient que quelque chose d’essentiel, qu’on appelle l’âme, s’est élevé vers le ciel et ne mourra jamais, et certains d’entre nous y croient si fort qu’ils ne sont même pas malheureux de cette disparition. C’est super, mais ça ne marche pas pour tout le monde. Comment tu vois ça ? ».

Si l’enfant découvre — cela arrive — que non seulement il dispose du même droit que les adultes à la vérité, à l’erreur, au doute, à la croyance et à l’incroyance, ainsi qu’au choix de croire ou ne pas croire — et que dans ce domaine la liberté lui est reconnue —, alors il a de bonnes raisons d’être heureux, même dans les épreuves.

Son intelligence se développe sur trois pivots : l’expérience, la pensée et la parole. Mettre en mots ce qu’il éprouve et ce que le fil de la pensée lui suggère est un exercice difficile qui réussit lorsque cette parole est prise en considération par les adultes. Et si, en retour, la parole de l’adulte se présente comme vraie, pleine, sincère jusque dans ses incomplétudes, les conditions sont réunies pour que l’enfant s’en nourrisse.

Mais quiconque s’est trouvé en charge de l’éducation d’un enfant — le sien propre ou celui d’autres dans quelque institution scolaire ou sociale — sait à quel point l’exercice est rarement harmonieux. Et quiconque se souvient peu ou prou de sa propre enfance sait combien les adultes sont inégalement disposés à l’interpellation de leurs propres failles et celles de leur enfance, non résolues.

Seconde solution : la protestation

Aussi loin que je remonte dans la mémoire de mon enfance, et aussi profondément que je replonge dans mon expérience clinique, tout enfant — quelle que soit la réputation de son intelligence, moyenne, brillante, perturbée ou divagante — est doué d’une intuition élémentaire qui le guide dans la perception de la sincérité et du mensonge. Quelque chose d’immédiat, d’évident et de subtil le met sur la voie : cet adulte face à lui parle vrai, ou pas vrai. Et dans ce cas, se pose pour lui un problème éthique : gober ou ne pas gober.

Nous postulons l’existence d’un réflexe de protestation[2], réflexe, intégré ou inhibé, mais qui ne disparaîtrait jamais. Stimulé par les défaillances logiques, structurelles ou expérientielles de la parole des adultes, il persisterait aux âges les plus avancés, jusque dans les extravagances séniles, sous forme d’intolérance au mensonge et à l’insincérité[3].

La protestation est une expérience douloureuse et risquée. Mais aussi longtemps qu’elle se poursuit, il y a de l’espoir. Ses formes sont tantôt explicites (c’est-à-dire déclarées, articulées, assumées, élaborées, théorisées), tantôt symptomatiques (clashes, acting-out, cris de rage, énurésie, violence, troubles alimentaires, maladies inexplicables).

Tant qu’il y a de la rage, il y a de la vie. Il est des adultes capables de l’entendre, d’autres font appel à un auxiliaire qu’on appelle « psychologue » et ils y mettent le prix. À charge pour le psychologue de fournir le travail — un travail double, fait d’écoute empirique et d’effort théorique, au sens où la moindre des choses est de produire quelque chose d’explicatif, même bancal, mais témoignant du geste dans cette direction.

Bref, rien de plus sain, rien de plus normal que la protestation.« Si dans l’intérieur d’un état vous n’entendez le bruit d’aucun conflit, vous pouvez être sûr que la liberté n’y est pas. ». Cette phrase tirée des Considérations de Montesquieu vaut autant pour la société dans son ensemble que dans ses expressions les plus intimes. Il est des familles où prévaut la précaution de langage, où l’on « marche sur des œufs », il est des lieux de travail où toute contestation est dangereuse et vous expose au risque d’une sanction, il y a des mamans refusant que l’on puisse mettre en doute les bases de leur dévotion à quelque icône religieuse, il est des tribus soudées par un dogme irréfutable, des sectes dont le gourou pointe un doigt vengeur contre quiconque émet une objection, etc. Mais le groupe le plus violemment soudé autour de croyances et d’interdits ne causera que des dommages limités à l’adulte ou à l’enfant doté d’une bonne aptitude à la protestation, même silencieuse.[4]

C’est quand l’usage d’une liberté de protester, de contester la parole des adultes est refusé à l’enfant — quelle que soit la forme de ce refus, implicite ou violente — que se pose la question de sa survie dans un système où la vérité est confisquée.

Troisième solution : la soumission

Sachant que les adultes, qu’ils soient parents, enseignants ou éducateurs, sont toujours situés dans un rapport de force défavorable à l’enfant, ils exercent sur lui une pression. Dès lors qu’ils mentent (activement ou par omission), l’enfant se trouve acculé. Va-t-il persévérer dans sa protestation ou se résigner ? Va-t-il faire sien le mensonge ou le réfuter ?

Joris a cinq ans. Il démarre sa grande section maternelle dans un état d’agitation aggravé dans les moments de regroupement où la maîtresse présente aux enfants des livres dont elle raconte l’histoire.

Son père est incarcéré suite à une récidive de vol en réunion. En présence de Joris, sa mère me dit : « On ne va pas lui dire, ce serait compliqué. On lui a dit qu’il est en voyage, hein, Joris ? »

L’enfant acquiesce, dans un calme qui contraste avec les conduites observées en classe. « Ce n’est pas de notre faute, ajoute la maman, si la maîtresse ne sait pas se faire respecter, hein, mon cœur ? » Elle ne voit pas l’intérêt à ce que je revoie l’enfant. On verra, dit-elle évasivement, je vous rappelle au besoin.

Depuis, ses résultats scolaires chutent. Mais il est devenu très sage, il ne dérange plus. Sauf quand la maîtresse réunit les enfants pour leur « raconter une histoire ».

***

*

La protestation et la soumission ne sont pas tout à fait le contraire l’une de l’autre. Ces attitudes ont en commun de respecter l’ordre établi.

Dans le cas de la soumission, l’enfant[5] se plie intégralement à la volonté des adultes. Dans le cas de la protestation, il exprime sa vérité, mais dans un cadre consenti par les adultes qui exercent sur lui un pouvoir. On reste dans un système d’échange où la contradiction est acceptée, recevable. Il se met en place un jeu d’arguments et d’objections, voire de conflit, toujours compatible avec un ordre symbolique unanimement respecté.

Quatrième solution : la révolte

Mais il arrive que cette belle cohérence vole en éclat. Voilà que l’ordre symbolique, malgré sa richesse, ses marges de manœuvre, ses strates historiques, sa consistance logique, n’a plus rien à faire valoir que ses fissures.

On quitte le domaine des argumentaires pour entrer dans celui de la lutte. Une cohésion sociale basée sur le mensonge va vers sa perte sous l’effet de ses propres incohérences, ses fautes et errements.

Dans le cadre familial, il arrive que les enfants se révoltent contre le mensonge des adultes. C’est également ce qui peut se produire à l’échelle d’un groupe ou d’une société.

Rien de plus sain que la révolte. Elle signifie le refus d’abdiquer de l’intelligence que nous portons individuellement ou collectivement. Quand bien même son issue est désespérée en raison d’un rapport de forces inégal, la révolte est garante de dignité. Et même quand elle aboutit à une défaite, quelque chose de sa lumière lui survit longtemps. Adolphe Thiers a écrasé la Commune, mais c’est la lumière de Louise Michel et de Jules Vallès qui lui survit.

La révolte en tant qu’organisateur psychique

L’enfant à qui l’on inflige le mensonge, dont on n’a pas entendu les protestations mais qui ne se résigne pas et qui maintient intacte son aptitude à la révolte, de manière active ou prudemment suspendue, cet enfant n’est pas à l’abri des larmes. Mais son intelligence restera vivace, elle produira tôt ou tard ses fruits.

Dans le cas contraire, il est condamné aux tribulations déjà bien documentées sur le plan clinique (inhibitions et dysharmonies intellectuelles, etc.) et cognitif (déficiences).

Il n’est pas de « santé » mentale sans la bombe à retardement d’une insurrection de l’esprit contre ce qui tend à l’étouffer.

J’écris ces lignes en me souvenant de Claude qui me fait part de son impossibilité d’éprouver le moindre bonheur dans une existence qu’il me dépeint pourtant comme très favorable : j’ai une femme « aimante », deux enfants adorables, une situation professionnelle enviable (mais je ne supporte pas les compliments) et je suis issu d’une famille plutôt favorisée (son père a exercé plusieurs fonctions prestigieuses et sa mère, au foyer, a pu lui consacrer du temps et de l’attention) — et pourtant, ça ne va pas.

Au fil des entretiens, une ombre se profile : il me dépeint, à regret, une maman pénible, mesquine sur les détails de la vie quotidienne, et bornée. Enfant, doué d’une intelligence vive (mais je ne voudrais surtout pas, dit-il, qu’on me voie comme un enfant « surdoué »…), il s’épuisait en querelles avec sa maman qui lui posait des contraintes idiotes et opposait, à ses protestations les plus élaborées, des assertions frustes et irrévocables.

Je pousse un peu Claude à me parler davantage de sa mère, il se rétracte, lui trouve des excuses et se reproche son intolérance à l’égard d’une femme qui, selon lui, faisait du mieux qu’elle pouvait et aurait mérité de son fils un peu plus de gratitude et de considération — qu’il déplore ne savoir lui donner.

Les réussites professionnelles de Claude relèvent d’une intelligence unanimement reconnue comme faramineuse. Mais tout se passe comme si la mise de cette intelligence au service du bonheur relevait d’une transgression, ou d’une infidélité à sa mère dont il sait la tristesse chronique. Comment renoncer à cette filiation ? De quel droit se dégager de ce fil qui lie une mère malheureuse à son fils ingrat ?

Claude refuse toute solution qui le dégagerait de l’emprise maternelle. Une part de lui-même s’en échappe et lui ouvre les portes de belles expériences familiales et professionnelles, tandis que l’autre reste coupable, soumise aux reproches de sa mère.

Autant son intelligence est remarquable sur un plan formel, et efficace en tant qu’outil d’adaptation, autant elle échoue à lui ouvrir les portes d’une connaissance de son monde intérieur qu’il subit : tristesse, crispations, colères et remords.

Il arrive qu’un lapsus salvateur le met sur la voie : « Je suis resté sous sa coupl…, je veux dire sa coulp…, non !» — Le temps où « ça coupe » n’est pas loin.

Pour conclure

Les approches individuelles de l’intelligence humaines, quelles que soient leur base cognitiviste, différentielle, expérimentale ou clinique, restent nécessaires et incontournables. Mais il est important de considérer que cette intelligence s’exerce toujours dans un contexte social ou familial qui peut la favoriser, l’amplifier ou, au contraire, l’inhiber, voire la bloquer durablement.

Cette proposition peut se vérifier dans les groupes et sociétés adultes, notamment dans les milieux professionnels où les contraintes objectives du travail se doublent d’une pression mentale à l’uniformisation des modes de pensée (la culture et les valeurs d’entreprise, les engagements consentis à l’évaluation et l’auto-évaluation, le zèle à tailler les bâtons pour se prendre les coups). Mais elle est plus prégnante encore chez les enfants dont l’intelligence est en construction. Les contradictions entre, d’une part, la vérité que perçoit ou élabore l’enfant à partir de ses outils de pensée et, d’autre part, les affirmations qui lui sont assénées autoritairement par l’entourage adulte, sont sources de crises diverses. Tant que l’enfant en est conscient et peut répondre, par objection, protestation, voire révolte — ou peut au moins s’autoriser à se démarquer silencieusement de ce qu’on tente de lui imposer — son intelligence n’est pas en danger. Au contraire, elle peut même s’aiguiser au fil de ces confrontations.

Mais à partir du moment où l’enfant se soumet à une raison qui n’est pas la sienne et abdique de ses propres ressources intellectuelles et critiques, il s’expose à diverses souffrances.

Les unes procèdent d’un amoindrissement de ses capacités intellectuelles. On peut les voir à l’œuvre dans certaines déconfitures scolaires. Les autres procèdent d’une difficulté, voire d’une impossibilité à s’ouvrir pleinement à son monde intérieur et laisser inexplorés des pans entiers de sa réalité psychique : savoir que je souffre mais être incapable de dire de quoi je souffre, savoir que j’ai subi une perte mais n’avoir aucune idée de ce que j’ai perdu, savoir décrire mes symptômes sans la moindre idée de leur signification…

L’intérêt clinique de cette approche réside dans la possibilité de remonter d’une souffrance vécue individuellement vers la dimension familiale ou sociale dans laquelle elle s’inscrit. En réintroduisant les éléments de contexte collectif dans la genèse du trouble, celui-ci peut s’interpréter non plus comme une insuffisance  mais comme le processus actif de soumission d’un sujet à une raison qui n’est pas la sienne et lui coûte de graves renoncements.

L’invitation à cette démarche peut se heurter à une résistance dans la mesure où elle nécessite de lever l’inhibition ou le refoulement qui occultait cette dimension. On ne se libère pas spontanément des chaînes liant aux personnes qu’on aime ou qu’on a aimées, ou dont on reste dépendant sur un plan affectif ou imaginaire.

Nous ne sommes ni surdoués ni déficients, nous sommes plus ou moins décidés à la conquête d’une liberté intérieure — et foncièrement inégaux dans notre manière de chérir cette liberté.

Liberté, liberté chérie ! avec un petit « l ».


[1] Cette dualité est décrite depuis l’antiquité grecque, Platon distinguant le « monde sensible » (les données des sens et de l’expérience) du « monde intelligible » (la Raison, la dialectique, la philosophie, les mathématiques). Le mode sensible peut nous leurrer (le théâtre des ombres du mythe de la caverne) mais chacun de nous est libre et capable, qu’il soit citoyen ou esclave, d’élaborer une pensée autonome et rigoureuse. On retrouve cette dualité sous des formes diverses chez les penseurs de l’âge classique (Descartes et Spinoza opposant la substance étendue — le monde physique et le corps — et la substance pensante, capable de s’affranchir des contraintes de la matière), puis à l’âge des Lumières où Kant distingue la dimension « phénoménale » (éprouvé subjectif, sensoriel, intuitif) de la dimension « nouménale » (la chose « en soi » accessible uniquement par la raison).

[2] Nous ne chercherons ni à prouver l’existence de ce réflexe de protestation, et peu importe son caractère inné ou acquis, ni à répondre aux objections. C’est un postulat dont nous proposons d’explorer ce qui peut s’en déduire.

[3] Sans compter les mensonges et les insincérités que l’on s’inflige à soi, sous les formes classiques de la dénégation, du déni, du refoulement et de la forclusion, source de pathologies. Ce n’est pas ici le sujet que nous traitons, et pourtant : ces distorsions de la réalité ne seraient-elles pas, au moins en partie, l’héritage des mensonges subis dans notre enfance, intégré dans notre pensée, littéralement introjecté ?

[4] Il est une vieille chanson allemande qui affirme que les pensées sont libres…

Die Gedanken sind frei
wer kann sie erraten?
Sie fliehen vorbei
wie nächtliche Schatten.
Kein Mensch kann sie wissen,
kein Jäger erschießen
mit Pulver und Blei:
Die Gedanken sind frei!

Les pensées sont libres, qui peut les deviner ? Elles s’enfuient comme des ombres nocturnes. Personne pour les connaître, pas de chasseur pour les abattre avec de la poudre ou du plomb…

[5] On pourrait en dire autant des adultes asservis à des logiques de production dont ils critiquent tout sauf les fondements.